Étude « Usages et usagers du CENTQUATRE »

Projet soutenu dans le cadre du Campus Condorcet.

Une étude sur les usagers et usages du CENTQUATRE dirigée par Anne-Marie Autissier, sociologue, maître de conférences à l’Institut d’études européenne, Université Paris 8 & Denis Laborde, ethnologue, Centre Georg Simmel, directeur d’études à l’EHESS.

En coopération avec Clara Lévy, professeure de sociologie à l’Institut d’études européennes de Paris 8, Marianne Hérard, anthropologue spécialiste de la ville, chargée de cours à l’Institut d’études européennes de Paris 8

et Pauline Gallinari, MC en arts à l’Institut d’études européennes de Paris 8, co-responsable de l’approche de l’entreprise culturelle pour les M1 « Politiques et gestion de la culture en Europe »

Diplômes concernés 

Spécialités « Politiques et gestion de la culture en Europe » et « Villes et nouveaux espaces de gouvernance en Europe » du master « Études européennes et internationales » de l’Institut d’études européennes de Paris 8.

Articulation avec la recherche 

CRESPPA-LabTop (axe Représenter) et LAVUE-Aus.

Le projet

Depuis la fin des années 1980, l’art et la culture sont mobilisés par les politiques urbaines comme une ressource pour l’économie postindustrielle et l’attractivité des métropoles, mais aussi comme des outils de « réparation » des interstices de la cité, de relocalisation de l’urbanité et de liaison entre ses différents acteurs. Des festivals, des lieux, des équipements culturels se multiplient et fédèrent des ambitions de démocratisation et de démocratie culturelles, de lien social, de développement local, touristique, et d’identification de territoires singuliers. Ils participent à la fois d’un essor de la « ville événementielle », par l’organisation de grands événements, mais aussi de la requalification et de la réhabilitation des marges de la ville (friches industrielles, espaces périphériques). Dans ce contexte, une topographie symbolique des lieux culturels se dessine, associant architecture iconique et réhabilitation d’espaces à l’abandon. Les démarches artistiques, et notamment les arts de la scène, apparaissent comme l’un des nouveaux moteurs du développement urbain.

Le CENTQUATRE, espace artistique de service public, prend place dans la série de ces reconversions. Ancien siège du service municipal des pompes funèbres (SMPF), il est l’un parmi d’autres des lieux concernés par ces politiques. Sa création s’inscrit dans la politique volontariste qui a caractérisé les deux mandats de Bertrand Delanoë depuis 2001, une politique marquée à la fois par la création de lieux culturels (Les Trois Baudets, la Maison des Métallos, LE CENTQUATRE, le Grand Parquet, le Bal, l’Institut des cultures d’islam, le Louxor) et par l’ouverture de neuf nouvelles bibliothèques. De ce point de vue, le CENTQUATRE est l’un des items de cette série.

Mais il occupe une place absolument singulière dans la mesure où, contrairement aux lieux précédemment évoqués, le CENTQUATRE n’est pas un lieu dédié à une seule pratique artistique. Dans sa volonté généraliste, il s’ouvre à une pluralité d’engagements dans l’action artistique. En outre, le 104 dédie une part de ses activités à l’offre de programmation de ceux et celles qui veulent investir le lieu. C’est donc cette polarité – offre artistique avec le concours d’artistes en résidence et libre programmation que nous entendons étudier. 

À cette fin, nous souhaitons mener une étude sur deux ans qui se centrera sur les questions suivantes :

  • En quoi les amateurs-acteurs et programmateurs modifient-ils les équilibres du lieu ?
  • Quelles relations entretiennent-ils avec les publics qui fréquentent ces lieux ?
  • Assistons-nous à l’émergence de nouveaux usagers et de nouveaux usages dans l’enceinte du CENTQUATRE ?
  • Quel impact ont ces initiatives des amateurs-acteurs-programmateurs dans leur relation à l’offre culturelle du 104 ? Créent-ils des nouveaux modes de relation à cette culture ?

Une étude interdisciplinaire

L’étude des usages et les usagers du CENTQUATRE sera notre entrée dans ces problématiques. L’objectif sera de porter notre regard sur l’articulation de ses différentes propositions, qu’elles soient artistiques, culturelles, économiques ou sociales, sur les nouvelles combinaisons mises en œuvre pour la programmation et la production, ainsi que sur les modalités d’action culturelle en direction des publics, et sur l’impact de ce dispositif global sur la relation aux publics.

Partenaires

Fonctionnement

Lieux  : École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Institut de Recherche sur les Musiques du Monde (Aubervilliers), Université de Paris 8 Saint-Denis (IEE), le CENTQUATRE.

Public  : L’atelier mobilise des étudiants de niveau master ou doctorat, de plusieurs disciplines des sciences sociales.

Travaux effectués en 2014-2015 

Respectivement encadrés par Clara Lévy et Marianne Hérard, deux groupes d’étudiants de Master 1 « Politiques et gestion de la culture en Europe » et de « Villes et espaces de gouvernance en Europe », ont effectué une enquête sur les spectateurs du CENTQUATRE et les badauds. Les entretiens et questionnaires sont en cours de traitement par Marianne Hérard et un étudiant de M2 GC, Matthias Fringant. Remise le 15 septembre 2015. Une deuxième année d’étude aura lieu en 2015-2016.