Auriane Guilbaud, "L’Organisation mondiale de la santé et la Covid-19"

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) joue les premiers rôles. Au centre de la scène, les conférences de presse, quasi quotidiennes depuis le 22 janvier 2020, de son Directeur général, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus (de nationalité éthiopienne), lors desquelles il distille des recommandations aux États et les exhorte à la mobilisation. L’OMS est, en effet, l’organisation spécialisée des Nations unies pour la santé et l’une de ses missions porte sur la surveillance des maladies infectieuses et la coordination de la réponse internationale en cas d’épidémie.
Dans un premier temps, l’attention s’est focalisée sur le retard et les insuffisances des réponses nationales, et l’OMS fut saluée pour avoir réagi plus rapidement et avec plus de force que lors de l’épidémie d’Ébola en Afrique de l’Ouest, en 2014. Néanmoins, la coopération internationale ayant rapidement montré ses limites, avec des États développant des stratégies disparates, l’organisation internationale s’est mise à ressembler à un chef d’orchestre que ses musiciens ne suivraient pas. Puis l’OMS a été l’objet d’attaques, menées d’abord par Taïwan et l’administration Trump, l’accusant d’être à la solde de la Chine et d’avoir tardé à avertir le reste du monde de la gravité de la pandémie.
L’annonce spectaculaire par la Maison blanche, le 15 avril 2020, en plein milieu de la crise sanitaire, de la suspension des financements américains à l’OMS (environ 15 % de son budget, la plus importante contribution financière), a achevé de braquer les projecteurs sur l’organisation…

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