Projet de doctorat européen

Depuis la rentrée 2014/2015, l’université Paris 8 propose le doctorat européen.

Doctorat européen en gestion des arts et de la culture 

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En 2013, nous avons bénéficié d’un BQI (Bonus Qualité Internationale, programme du Service de la Coopération et des Relations internationales de Paris 8) pour entreprendre des recherches exploratoires sur la possibilité de mise en place d’un diplôme européen en gestion des arts et de la culture avec les partenaires suivants : Université de Bologne (master GIOCA) et Université de Barcelone.

Nous avons organisé une réunion à Bologne, le 22 novembre 2013. Nous sommes alors convenus de donner la priorité à la création d’un doctorat en gestion des arts et de la culture. Conformément aux termes de notre réunion, nous avons exploré les possibilités de création d’un doctorat européen ou de rattachement à un doctorat existant, dans nos pays respectifs. 

En 2014, nous avons organisé une nouvelle réunion de travail à Paris 8 (nouveau BQI) et nous avons l’intention à moyen terme de candidater auprès des instances communautaires concernant le programme le plus adapté à nos attentes, European Training Network.

En 2015, Alain Quemin a obtenu un nouveau BQI pour explorer la possibilité d’élargir le réseau de nos partenaires à l’Université d’Amsterdam et à l’Université technique de Berlin. Une telle fédération d’universités européennes nous placerait en effet dans une situation très favorable pour obtenir le soutien de la Commission européenne.

Entre-temps, nous avons décidé de tester la formule du doctorat européen (label créé par la Commission européenne en 1991), telle qu’elle a été adoptée par l’Université Paris 8 (cf. ci-dessous). Le premier doctorat européen de Paris 8 - à notre connaissance - sera donc soutenu fin 2015 par Fanny Bouquerel (co-direction Renaud Zuppinger et Anne-Marie Autissier, IEE, École doctorale des Sciences sociales), avec la présence au jury de deux universitaires italiennes dont une du Master GIOCA, d’un professeur belge et d’un collègue de l’Université de Grenoble. Conformément aux critères du doctorat européen, Fanny Bouquerel, française, a effectué une partie de son travail de recherche dans un laboratoire italien et son sujet porte sur l’impact des Fonds structurels européens sur les activités artistiques et culturelles en Sicile. C’est pourquoi une partie de la soutenance se déroulera en italien. 

Le label européen

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Le « Doctorat Européen » ou « Doctor Europeaus » est un diplôme de doctorat classique auquel s’ajoute une attestation de « label européen » délivrée par Université Paris 8 et signée par son président. Il ajoute ainsi au diplôme de doctorat la reconnaissance d’une dimension européenne et favorise la valorisation de la formation doctorale à l’international.

Il est délivré aux étudiants des pays membres de la Communauté Européenne et des autres États de libre échange (Autriche, Suisse, Islande, Suède, Lichtenstein).

L’obtention de ce label est assujettie à quatre conditions :

  1. Le doctorat doit en partie avoir été préparé pendant un séjour de recherche d’au moins trois mois dans un autre pays européen
  2. L’autorisation de soutenance est accordée au vu des rapports rédigés par au moins trois professeurs dont deux d’établissements d’enseignement supérieur de deux pays européens, autres que celui du pays où la soutenance a lieu. Le référent du laboratoire d’accueil ne peut pas être rapporteur
  3. Au moins un membre du jury doit appartenir à un établissement d’enseignement supérieur d’un autre pays européen, autre que celui du pays où la soutenance a lieu
  4. Une partie de la soutenance doit être effectuée dans une langue officielle de la Communauté Européenne autre que celle du pays où a lieu la soutenance

Ce dispositif est distinct de celui de la cotutelle, auquel il peut se superposer.

Ce label n’apparaît pas sur le diplôme de docteur, mais il constitue un élément fort pour valoriser la formation doctorale à l’international. 

Modalités pratiques

La démarche engagée par le doctorant doit être envisagée dès le début du doctorat afin d’intégrer cette procédure dans le planning de réalisation de la thèse (voir formulaire de candidature).

Le laboratoire auquel est attaché le doctorat mettra tout en œuvre pour accompagner le doctorant dans sa recherche d’un laboratoire d’accueil d’un pays européen. Cette démarche doit entrer dans la perspective de partenariat en adéquation avec les axes de recherche du laboratoire.

Le doctorant souhaitant obtenir le label « Doctorat européen » doit en informer son école doctorale avant la soutenance.

Au moment du dépôt de son dossier de soutenance à l’école doctorale, il complète la composition du jury proposée et signée par le directeur de thèse par un formulaire attestant que le doctorat a été préparé pendant un séjour d’au moins un trimestre dans un autre pays européen. Il joint également un compte-rendu de son séjour.

Au vu des points 2 et 3, un des deux professeurs venant de deux établissements d’enseignement supérieur de deux pays européens ayant rapporté sur la thèse doit être présent lors de la soutenance

Le président du jury devra mentionner dans le rapport de soutenance que le point 4 a bien été satisfait et remplir le formulaire de soutenance complémentaire.

Une attestation « Doctorat européen » sera décernée avec le diplôme de doctorat.

Le dossier du label « Doctorat européen » est constitué des pièces suivantes :

  • Attestation de séjour dans le laboratoire d’accueil
  • Compte-rendu du séjour
  • Formulaire de soutenance complémentaire
  • Formulaire de candidature à télécharger

Étude « Usages et usagers du CENTQUATRE »

Projet soutenu dans le cadre du Campus Condorcet.

Une étude sur les usagers et usages du CENTQUATRE dirigée par Anne-Marie Autissier, sociologue, maître de conférences à l’Institut d’études européenne, Université Paris 8 & Denis Laborde, ethnologue, Centre Georg Simmel, directeur d’études à l’EHESS.

En coopération avec Clara Lévy, professeure de sociologie à l’Institut d’études européennes de Paris 8, Marianne Hérard, anthropologue spécialiste de la ville, chargée de cours à l’Institut d’études européennes de Paris 8

et Pauline Gallinari, MC en arts à l’Institut d’études européennes de Paris 8, co-responsable de l’approche de l’entreprise culturelle pour les M1 « Politiques et gestion de la culture en Europe »

Diplômes concernés 

Spécialités « Politiques et gestion de la culture en Europe » et « Villes et nouveaux espaces de gouvernance en Europe » du master « Études européennes et internationales » de l’Institut d’études européennes de Paris 8.

Articulation avec la recherche 

CRESPPA-LabTop (axe Représenter) et LAVUE-Aus.

Le projet

Depuis la fin des années 1980, l’art et la culture sont mobilisés par les politiques urbaines comme une ressource pour l’économie postindustrielle et l’attractivité des métropoles, mais aussi comme des outils de « réparation » des interstices de la cité, de relocalisation de l’urbanité et de liaison entre ses différents acteurs. Des festivals, des lieux, des équipements culturels se multiplient et fédèrent des ambitions de démocratisation et de démocratie culturelles, de lien social, de développement local, touristique, et d’identification de territoires singuliers. Ils participent à la fois d’un essor de la « ville événementielle », par l’organisation de grands événements, mais aussi de la requalification et de la réhabilitation des marges de la ville (friches industrielles, espaces périphériques). Dans ce contexte, une topographie symbolique des lieux culturels se dessine, associant architecture iconique et réhabilitation d’espaces à l’abandon. Les démarches artistiques, et notamment les arts de la scène, apparaissent comme l’un des nouveaux moteurs du développement urbain.

Le CENTQUATRE, espace artistique de service public, prend place dans la série de ces reconversions. Ancien siège du service municipal des pompes funèbres (SMPF), il est l’un parmi d’autres des lieux concernés par ces politiques. Sa création s’inscrit dans la politique volontariste qui a caractérisé les deux mandats de Bertrand Delanoë depuis 2001, une politique marquée à la fois par la création de lieux culturels (Les Trois Baudets, la Maison des Métallos, LE CENTQUATRE, le Grand Parquet, le Bal, l’Institut des cultures d’islam, le Louxor) et par l’ouverture de neuf nouvelles bibliothèques. De ce point de vue, le CENTQUATRE est l’un des items de cette série.

Mais il occupe une place absolument singulière dans la mesure où, contrairement aux lieux précédemment évoqués, le CENTQUATRE n’est pas un lieu dédié à une seule pratique artistique. Dans sa volonté généraliste, il s’ouvre à une pluralité d’engagements dans l’action artistique. En outre, le 104 dédie une part de ses activités à l’offre de programmation de ceux et celles qui veulent investir le lieu. C’est donc cette polarité – offre artistique avec le concours d’artistes en résidence et libre programmation que nous entendons étudier. 

À cette fin, nous souhaitons mener une étude sur deux ans qui se centrera sur les questions suivantes :

  • En quoi les amateurs-acteurs et programmateurs modifient-ils les équilibres du lieu ?
  • Quelles relations entretiennent-ils avec les publics qui fréquentent ces lieux ?
  • Assistons-nous à l’émergence de nouveaux usagers et de nouveaux usages dans l’enceinte du CENTQUATRE ?
  • Quel impact ont ces initiatives des amateurs-acteurs-programmateurs dans leur relation à l’offre culturelle du 104 ? Créent-ils des nouveaux modes de relation à cette culture ?

Une étude interdisciplinaire

L’étude des usages et les usagers du CENTQUATRE sera notre entrée dans ces problématiques. L’objectif sera de porter notre regard sur l’articulation de ses différentes propositions, qu’elles soient artistiques, culturelles, économiques ou sociales, sur les nouvelles combinaisons mises en œuvre pour la programmation et la production, ainsi que sur les modalités d’action culturelle en direction des publics, et sur l’impact de ce dispositif global sur la relation aux publics.

Partenaires

Fonctionnement

Lieux  : École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Institut de Recherche sur les Musiques du Monde (Aubervilliers), Université de Paris 8 Saint-Denis (IEE), le CENTQUATRE.

Public  : L’atelier mobilise des étudiants de niveau master ou doctorat, de plusieurs disciplines des sciences sociales.

Travaux effectués en 2014-2015 

Respectivement encadrés par Clara Lévy et Marianne Hérard, deux groupes d’étudiants de Master 1 « Politiques et gestion de la culture en Europe » et de « Villes et espaces de gouvernance en Europe », ont effectué une enquête sur les spectateurs du CENTQUATRE et les badauds. Les entretiens et questionnaires sont en cours de traitement par Marianne Hérard et un étudiant de M2 GC, Matthias Fringant. Remise le 15 septembre 2015. Une deuxième année d’étude aura lieu en 2015-2016.